Environnement & Voyages d’affaires
Quand l’environnement s’invite à la table du voyage d’affaires
A l’heure où les questions liées à la protection de l’environnement sont au cœur de tous les débats, le monde du voyage d’affaires s’intéresse de plus près aux émissions de carbone, et aux mesures qui permettraient leur réduction.
Il faut dire que les chiffres sont sans appel : l’ETNO et le WWF[1] ont calculé que le remplacement de 20% des voyages d’affaires dans l’UE permettrait des réductions de CO2 d’environ 22,35 millions de tonnes par an.
Dans le même temps, une étude[2] menée par ACTE (Association of Corporate Travel Executives) souligne que l’impact écologique des voyages d’affaires n’est pas une préoccupation majeure pour les entreprises… loin s’en faut ! Ainsi, 67 % n’ont pas de politique de développement durable en matière de voyage, 80 % ne mesurent pas les émissions de CO² dues à leurs voyages d’affaires et 77 % n’envisagent pas de limiter les voyages pour réduire la pollution…
Accompagner les entreprises
Pourtant, la question de la protection de l’environnement ne laisse pas les spécialistes indifférents. Et en Grande-Bretagne, l’ITM (Institut of Travel Management) entend bien faire de la réduction des émissions de carbone une préoccupation des professionnels du voyage d’affaires – et des voyageurs - avec la mise en place d’actions et de recommandations concrètes. Nom de code ? Project Icarus.
Destiné aux travel managers et aux responsables des achats, ce programme regroupe depuis fin 2006 acheteurs, consultants et experts autour de la problématique de la protection de l’environnement. Et a reçu très récemment le soutien financier du gouvernement britannique qui lui a alloué 100 000 £.
Concrètement, le Project Icarus c’est notamment une boîte à outils en 10 points qui vise à :
- aider les travel managers à comprendre pourquoi et comment mesurer les émissions de carbone
- les conseiller pour leur permettre d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de carbone définis
Il s’agit d’inciter et d’accompagner les entreprises dans la mise en place d’une politique voyages « verte ». Et la boîte à outils contient d’ailleurs trois études de cas d’entreprises qui ont réussi ce pari.
Plusieurs organismes et acteurs du marché ont par ailleurs décidé de mettre à la disposition des entreprises des outils pour les accompagner dans leur politique de réduction des émissions de carbone.
Par exemple, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) en France a développé la méthode Bilan Carbone®, qui vise à comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre des organisations (y compris collectivités territoriales).
De son côté, Carlson Wagonlit Travel a travaillé avec son client DEFRA (Département pour l’Environnement, l’Alimentation et les Affaires rurales) au Royaume-Uni afin de développer un calculateur de carbone. Cet outil permet aux voyageurs de comparer les émissions de CO² des différents moyens de transport qui s’offrent à eux, et ce, au moment de leur réservation.
Enfin, AirPlus a récemment annoncé la mise à disposition de ses clients d’une fonctionnalité leur permettant de « compenser » automatiquement les émissions de CO² induites par leurs déplacements : ils seront désormais à même de verser la somme compensatoire correspondant à leur voyage à un organisme spécialisé de leur choix, directement à partir de leur carte affaires.
Bref, si la révolution ne semble pas encore en marche dans les entreprises, elles ne peuvent plus ignorer la question de la protection de l’environnement. Le sujet devrait –dans un avenir proche -prendre une place essentielle dans toute politique de voyages d’affaires.
Pour en savoir plus :
- Icarus Zone sur le site de Institut of Travel Management : http://www.itm.org.uk/icarus/
- Le portail de l’ADEME : http://www2.ademe.fr
- Association of Corporate Travel Executives : http://www.acte.org/
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[1] Saving the climate @ the speed of light, first roadmap for reduced CO2 emissions in the EU and beyond,
[2] Enquête mondiale KDS-ACTE 2007
